Etre son propre maître d'oeuvre, une activité chronophage mais enrichissante

Quand on se lance dans un projet de construction, même avec un constructeur qui gère tout ou un maître d'oeuvre, on sait que cela prend beaucoup de temps dans l'agenda.

Quand on choisit, volontairement ou non (souvent pour des questions d'économies), d'être son propre maître d'oeuvre, il faut s'attendre à passer beaucoup de temps sur le chantier. Mais cela n'a pas que des inconvénients.

Difficile de dire combien de temps nous passons sur le chantier. Peut-être 5 à 6 heures par semaine. Heureusement, le fait que nous soyons indépendants professionnellement nous permet de nous libérer assez facilement.

On nous avait prévenu, mais nous ne nous attendions pas à être si souvent sollicités par les artisans... ou à devoir si souvent les solliciter (pour des questions, des dates d'interventions ou de simples conseils).

Même si la plupart des artisans ont été planifiés par notre maçon, Cédric Pozza, ce qui fait que ça se déroule dans l'ensemble plutôt bien, reste que nous sommes seuls maîtres à bord et qu'il faut régulièrement aller sur le chantier et ce, pour plusieurs raisons.

Vérifier l'avancée des travaux pour anticiper

Que les travaux prennent du retard ou de l'avance, cela implique de devoir tenir au courant les futurs intervenants du chantier pour qu'ils puissent s'adapter.

Si beaucoup de chantiers sont en retard, pour notre part, il avait 15 jours d'avance après la pose de la charpente et des tuiles. Plutôt une bonne nouvelle. Mais cela n'implique pas spécialement que le chantier aura 15 jours d'avance tout le temps. Si l'artisan suivant a déjà son planning bloqué par un autre chantier, il n'interviendra qu'à la date prévue.

Ce fut notre cas pour l'électricien et le plaquiste, qui n'ont pu venir 15j avant la date prévue.

Il faut aussi se rappeler au bon souvenir des artisans qui interviennent relativement tard dans la construction :

  • peintre pour l'intérieur
  • carreleur
  • enduiseur

Certains parfois acceptent des chantiers pour remplir leur planning. Ne pas les tenir au courant de l'avancée des travaux, c'est courir le risque qu'ils mettent un autre chantier sur la période prévue pour vous. Que le chantier soit en retard, en avance ou dans les temps, tenez-les régulièrement au courant.

De plus, certaines prestations ne sont possibles que si une autre a été faite. On pense bien sûr au carreleur qui ne peut intervenir que si le maçon a finit la chape, c'est évident. Pour nous, il y a l'installation de la cuisine, qui n'est faisable que si une partie de placo est posée dans la trémie de l'escalier, placo qui ne peut être posé que si l'escalier est lui-même en place.

4 à 5 semaines de délai entre les mesures par l'artisan qui s'occupe de construire notre escalier sur-mesure et la pose. Et bien sûr, les congés d'août qui arrivent pour l'artisan escalier et la plaquiste, donc, entre le 8 août et le 28 août, pas d'installation possible de l'escalier ni de placo. Le cuisiniste, lui, part le 8 septembre. Donc, les délais sont parfois très tendus. A quelques jours près, on peu avoir notre escalier posé le 4 août... ou le 5 septembre.

Régler des problèmes non prévisibles

Parfois, entre les plans que nous avons fait et la réalité terrain, il y a du changement. Quelques centimètres, dûs à des contraintes techniques, qui font que ce qui devait passer ne passe plus.

Une gaine de clim qui devait passer entre une poutre et le plafond ne passe plus. Ce devait, mais il manque 5cm pour que ce soit bien. Et donc, l'artisan doit trouver une autre solution. Et si cela impose de faire un trou ailleurs ou d'avoir un caisson supplémentaire, il vous appelle pour avoir votre avis. Dans ce cas, le mieux est d'aller sur le chantier pour voir ce que cela implique.

Echanges avec les artisans concernés (climaticien, électricien, plaquiste, ...) et on valide une solution. Parfois, plusieurs problèmes de ce type arrivent dans la journée, forcément, ça prend du temps.

Mesurer, remesurer

Si vous optez pour une cuisine sur-mesure ou un escalier, il faudra que des mesures précises soient données aux personnes qui s'occupent de vous les réaliser.

Même si vous avez des artisans rigoureux, il se peut que certaines mesures ne soient pas celles que vous avez prévues sur le plan. Parfois pour 1 ou 2 cm seulement, mais suffisant pour mettre à mal certaines réalisations.

Nous avons souvent mesuré des points importants. Afin de pouvoir donner des dimensions précises au cuisiniste, mais aussi pour vérification quand nous avions un doute.
Par deux fois, nous avons eu un doute, mais pas de mètre sous la main et nous avons laissé couler. La première fois, une évacuation était mal posée. Heureusement, cela a pu être réparé sans problème.

Découvrir des surprises

Pour la seconde fois, nous n'avons pas pu régler le problème. Deux fenêtres à l'étage étaient trop hautes. Nous avions un doute, mais les ressentis, sur une maison vide et sans la sol fini, sont parfois trompeurs. Là encore, pas de mètre sous la main ou pas d'échelle à disposition.

Résultat, deux fenêtres (chambres des enfants en plus) placées à 140cm de haut au lieu de 120cm. Notre maçon ne nous avait pas dit qu'il plaçait toutes les fenêtres à la même hauteur (le haut à 215cm) et il n'a pas tenu compte des hauteurs que nous avions indiquées. Dommage, pas assez d'échanges entre nous sur ce coup.

Impossible de faire marche arrière. Nous avons pensé à commander de nouvelles fenêtres plus hautes de 20cm, mais 4 semaines de délai. Cela allait retarder tout le chantier, dont le plaquiste, l'électricien... et tout le reste. Impossible de prendre 1 mois dans la vue, nous allons déjà devoir payer pendant 3 mois le crédit et notre loyer actuel. Tant pis, on trouvera une solution plus "bricolage".

Savoir comment notre maison est faite

Si tout cela paraît très contraignant, il n'y a pas que des soucis sur un chantier, loin de là. Et de notre côté, nous sommes aussi ravis de pouvoir voir comment avancent les travaux, comment travaillent les artisans. Non pour les surveiller, mais pour savoir comment se construit une maison. C'est toujours de la culture générale (mais ça ne fera pas de nous des maçons, plaquistes ou électriciens !) et ça peut servir à l'avenir si on a besoin de bricoler sur la maison.

Et nous posons de nombreuses questions sur le pourquoi du comment aux artisans. Généralement, ils sont heureux que l'on s'intéresse à ce qu'ils font et échangent avec plaisir, en nous donnant des conseils pour plus tard.

Alors oui, l'autoconstruction (puisque ça s'appelle comme ça même nous ne faisons pas nous-même les travaux) demande du temps, mais on apprend aussi beaucoup de chose et la relation humaine avec les artisans permet aussi de faire des modifications de dernière minute, ce que ne permet pas, souvent, un constructeur !

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